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Editorial Bulletin EBA n°35 janvier mars 2010

SECRET ET DIGNITÉ, TEMPS ET VULNÉRABILITÉ

vendredi 26 mars 2010, par Jacques Faucher

La mobilisation nécessitée par les États Généraux de la Bioéthique nous a empêchés de prendre la mesure du chamboulement assez radical qu’a opéré la loi n° 2009-879 du 21 juillet 2009 portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires (dite loi HPST). Les décrets vont être distillés tout au long de cette nouvelle année et nous allons assister à une recomposition majeure de l’organisation de la santé, de la prévention et du social. Mais il ne faudrait pas que cette restructuration institutionnelle nous masque d’autres enjeux éthiques sur lesquels nous alerte ce nouveau Bulletin.

  • Au nom de la sécurité de la population, jusqu’où l’administration pénitentiaire peut-elle demander des renseignements médicaux sur les détenus de nos prisons ? Si le 8e Congrès des UCSA affronte la délicate question du secret, la diversité des ateliers manifeste la complexité des questions concernant la santé en prison.
  • Souvent nous débattons sur les différents sens de la dignité humaine : qualité intrinsèque de toute personne humaine ? sentiment de perte de l’image ou de la maîtrise de soi ? Avec l’éthique du genre, un autre horizon se déploie, celui de l’éthique du prendre soin de la vulnérabilité des patients, comme des soignants.
  • Et puis il y a la question du temps dans nos pratiques. Prendre le temps deux ou trois fois par an de se demander ce que cette fuite en avant de l’urgence nous permet d’éviter. Se donner des espaces de parole et prendre le temps d’écouter, de s’écouter, de se parler des situations problématiques. Oser croire que l’autre différent, ce patient, ce collègue, si dérangeant, est peut-être une chance de découvrir ce que je me cache et ainsi de retrouver la motivation des premières heures de ma vie de professionnel de la santé, du social, de l’administration.
  • Osons le dire : quels changements en 30 ans ! Il n’est pas possible de dire que tout s’est dégradé. Mais tout s’est complexifié. Des pans entiers de la médecine d’il y a 30 ans ont disparu. De nouvelles priorités se sont imposées. Personne ne peut prétendre tout maîtriser, tout comprendre. Le travail en équipe est plus que jamais indispensable, le travail interdisciplinaire aussi. La compétence est nécessaire, l’humilité encore plus. Pour améliorer les pratiques, le partenariat passe par la prise en compte des préoccupations des autres, sans naïveté ni préjugé.
  • Et pourtant, beaucoup de personnes se sentent seules ou se vivent exclues par la maladie, la précarité psychique ou sociale, l’âge. Les professionnels entendent leurs appels, mais se sentent dépourvus. Peut-être sont-ils devenus plus sensibles et plus solidaires ? La vulnérabilité de l’autre révèle la mienne. C’est peut-être cela l’aiguillon de l’éthique. Bonne année bioéthique 2010 !
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