accueil votre espace espace particulers espace hôpitaux, entreprise, associations étudiant universités
Exemples : Alzeihmer, don d’organes, insémination artificielle etc.

Espace Bioéthique Aquitain

contact@espacebioethiqueaquitain.fr

 

Accueil du site > Histoire et Définitions > Définitons > POUR UNE DIGNITÉ DIGNE DE L’HOMME

POUR UNE DIGNITÉ DIGNE DE L’HOMME

jeudi 23 septembre 2010, par Jacques Faucher

 6- LA DÉCLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L’HOMME.

La Déclaration Universelle des droits de l’homme (DUDH) est un texte emblématique souvent évoqué [12]. Le mot “dignité” y tient une place de choix pour définir l’égalité des êtres humains :

« Article premier. - Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »

Associons, à cet article princeps, certains considérants du Préambule de la Déclaration. [13] Le fondement de la liberté, de la justice et de la paix n’est pas tant “la dignité” mais “la reconnaissance de la dignité”. Le terme de reconnaissance suggère que la dignité n’est pas acquise mais inaliénable, inhérente à la personne : il appartient aux individus et aux États de reconnaître quelque chose déjà là mais pas perçu. L’argument porte moins sur un contenu quelconque du mot “dignité” qu’il n’invite à une dynamique de reconnaissance de quelque chose d’inaliénable propre « à tous les membres de la famille humaine » :

« Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde ;

Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l’homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l’humanité et que l’avènement d’un monde où tous les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l’homme ; [...]

Considérant que dans la Charte les peuples des Nations Unies ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité des droits des hommes et des femmes, et qu’ils se sont déclarés résolus à favoriser le progrès social et à instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande... » [14]

À la « reconnaissance de la dignité », le deuxième considérant oppose « la méconnaissance et le mépris des droits de l’homme » comme origine « des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l’humanité ». Ce qui ferait barrage à la barbarie n’est pas le débat sur un mot mais la participation au mouvement de reconnaissance de l’altérité de chaque être humain. La DUDH ne biaise pas sur l’origine de cette prise de position. Le cinquième considérant signale qu’il ne s’agit ni d’un savoir (biologique, philosophique ou autre), ni d’une croyance laissée à la libre appréciation des subjectivités individuelles, mais d’un croire fondamental (« la foi des peuples des Nations Unies »). L’opération est impressionnante : l’Assemblée Générale des Nations Unies ne choisit pas telle ou telle philosophie ou théologie, mais exprime un “croire” à visée universelle, qui est hors de portée d’une quelconque justification ou argumentation. [15] Chaque fois que la dimension d’inaliénabilité de la dignité de la personne humaine est réduite, il est à craindre qu’une dérive soit en germe.

Notes

[12] La Déclaration Universelle des droits de l’homme fut approuvée et proclamée par l’Assemblée générale des Nations unies le 10 décembre 1948 par sa résolution 217 (III) A. Cf. L. de Vaucelles , “La Déclaration Universelle des droits de l’homme - Genèse et analyse du texte de 1948”, numéro spécial de la revue Laënnec, 41, n°3-4, mars 93, p. 2-5.

[13] L’autorité des considérants a été contestée car pour de nombreux juristes, la signature de la DUDH ne suppose pas la reconnaissance du préambule

[14] C’est nous qui soulignons.

[15] Le texte semble dire, en quelque sorte : « Nous, peuples des Nations Unies, nous avons considéré, nous croyons et nous vous invitons à entrer dans ce mouvement en vous avertissant que nous avons payé cher pour comprendre que le refus d’y entrer, la méconnaissance et le mépris des droits de l’homme, conduit à la barbarie ».

Enregistrer au format PDF Cet Article en pdf
envoyer l'article par mail envoyer par mail