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POUR UNE DIGNITÉ DIGNE DE L’HOMME

jeudi 23 septembre 2010, par Jacques Faucher

 4- LA DIGNITÉ, INALIÉNABLE QUALITÉ DE LA PERSONNE.

E. Kant opère une distinction célèbre entre les objets qui ont un prix et les personnes qui ont une dignité.

« Au royaume des fins, toute chose a un prix ou une dignité. Pour ce qui a un prix, on peut mettre à la place quelque chose d’équivalent ; en revanche, ce qui est au-dessus de tout prix et n’offre aucun équivalent, a une dignité... » [5]

Dans une société où “tout a un prix”, car “tout se vend et s’achète”, il n’est pas étonnant que ce “quelque chose au-dessus de tout prix paraisse désormais “insignifiant” à beaucoup. De plus, il ne faut pas oublier que, pour Kant, ce qui fait la dignité de la personne humaine n’est pas d’abord son appartenance à l’espèce humaine mais la capacité qu’a la personne raisonnable de prendre une décision et d’assumer une action dont la maxime puisse être universalisée :

« Agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle. » [6]

L’impératif catégorique consiste pour chacun à respecter l’humanité, l’être raisonnable qui est en lui. La loi morale est fondée sur la liberté et l’autonomie de la volonté en tant que celles-ci sont liées à l’universalité. Elles sont dépendantes, selon Kant, de la capacité qu’a chaque être humain de démontrer que la visée de son action à une portée universelle. [7]

Notes

[5] E. Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs, trad. V. Delbos, Delagrave, 1974, p. 160.

[6] E. Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs, 2ème section.

[7] « Ce n’est pas l’homme en soi, mais l’« être raisonnable fini » qui est le destinataire de l’impératif catégorique. […] La réelle tâche de l’éthique, et de son corrélat qu’est la dignité, c’est d’aider l’individu à devenir sujet, autonome. Non pas tant « être à soi-même sa propre loi » que reconnaître, à la première personne du singulier, que la loi est bonne pour moi aussi et qu’elle m’instaure comme sujet libre, donc capable d’altérité. » Cf. L. Pareydt, “De quel homme parle Kant ?, Laënnec, n° 3-4, 41e année, mars 93, p. 14-15. Ce numéro spécial de la revue Laënnec, intitulé : “Dignité humaine - perte de dignité”, rend compte du colloque du même nom, organisé, en octobre 1992, par le Centre Sèvres avec le concours de l’Association Européenne des Centres d’Éthique Médicale.

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