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POUR UNE DIGNITÉ DIGNE DE L’HOMME

jeudi 23 septembre 2010, par Jacques Faucher

 3- LA DIGNITÉ DE L’IMAGE DE SOI.

Désormais, dominant mais non moins préoccupant, est l’emploi du terme de dignité pour qualifier l’image que l’on veut donner ou laisser de soi. Elle est une version “plus moderne” de la maîtrise de soi stoïcienne. Mais le mot de dignité est alors récupéré par les conformismes des normes sociales les plus estimées de notre société : l’image, le paraître, le « look ». Avec la “perte de dignité” s’insinue l’idée d’une déchéance, d’une indignité, possible par rapport à ce qu’il convient de faire ou de paraître. La personne est bien identifiée au masque (persona) qu’elle revêt et que les autres perçoivent, que l’on veut qu’ils regardent ou gardent dans leur mémoire.

« L’indignité, c’est la perte incontrôlée de ses “fonctions”, et par-là, la perte de la relation de soi à soi et aux autres. Dans une société largement dominée par l’image et par l’apparence, il va désormais s’agir se sauver une dernière vision : celle de l’individu libre dans sa mort, comme dans sa vie. » [2]

S’insinuent alors des expressions comme « une vie qui a perdu toute dignité » ou « une vie qui ne vaut plus la peine d’être vécue ». Se murmurent des mots comme « indécence », « image insoutenable », « spectacle d’horreur » lors d’altération du corps et notamment du visage, en cas de dépendance et surtout de pertes des capacités mentales, en présence d’odeurs liées à la perte de la maîtrise des sphincters, autant d’éléments qui suscitent gêne, répulsion, et mettent obstacle à la relation. La dignité s’opposerait à ce qui est nommé déchéance physique ou morale, souffrance intolérable ou dégradation de la conscience. Quand cette image est perdue ou altérée, la personne devrait décider ou avoir l’humilité d’accepter de disparaître. Les assauts répétés pour légaliser non seulement l’euthanasie [3] mais surtout le suicide assisté [4] nous semblent constituer autant de signes de la volonté de “canonisation” d’un droit qui est moins subjectif que conformiste par rapport aux “dogmes” d’une culture. Celle-ci, au nom de l’autonomie et de la liberté, pactise avec les forces de mort d’un Moi dont l’image est prise pour le sujet.

Notes

[2] A. Barrau, Quelle mort pour demain ?, p. 155-156.

[3] Cf. CCNE, Rapport n° 63 : « Fin de vie, arrêt de vie, euthanasie » (daté du 27 janvier 2000, rendu public le 03 mars 2000).

[4] Cf. “L’Appel des 132 : Déclaration collective de désobéissance civique”, France-Soir, 12 janvier 1999.

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