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POUR UNE DIGNITÉ DIGNE DE L’HOMME

jeudi 23 septembre 2010, par Jacques Faucher

 2- LA DIGNITÉ DE LA MAÎTRISE DE SOI.

Dès l’Antiquité, mais avec un éclat qui ne s’est pas terni, la rencontre de personnes qui font face à l’adversité, aux revers de gloire et de fortune sans manifester leur déception, leur haine ou leur rancune, suscite chez beaucoup admiration, estime, reconnaissance. Cette attitude de maîtrise de soi, chère aux Stoïciens, impressionnait déjà les premiers chrétiens (cf. les Pères apologistes comme Saint Justin). Elle est souvent présentée comme le plus bel exemple de distance face aux vicissitudes de la vie. Louer les mérites de quelqu’un, son courage, sa grandeur d’âme, dire qu’il fait preuve de dignité, c’est reconnaître qu’il a su faire front sans se laisser abattre ou sans manifester sa souffrance, sa peur ou sa peine. Le terme de “dignité” évoque alors la lucidité, le courage, l’acceptation de la réalité, l’absence de mesquinerie, mais aussi la pudeur, la discrétion, la décence, la volonté de ne pas faire porter à autrui le poids des souffrances qui surviennent. Ainsi s’impose une nouvelle norme sociale, celle de l’attitude digne, convenable, consistant à contenir le deuil dans le domaine des sentiments privés. [1]

Nous craindrions que cette attitude, que l’on peut saluer car non dénuée de grandeur et de noblesse, apparaisse comme l’exemple type de la dignité. Lorsque des personnes ne pourraient pas maîtriser leur colère ou leur peine, leur souffrance et leur désarroi, elles pourraient être jugées comme ayant perdu toute dignité et leur comportement qualifié d’indigne alors que leurs pleurs ou leur révolte sont des manières légitimement humaines de crier son malheur, de hurler sa peur ou de dénoncer l’injustice.

Notes

[1] A. Barrau, Quelle mort pour demain ?, L’Harmattan, 1992, p. 123.

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